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L'entêtement dangereux de la diplomatie française dans le conflit syrien

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29 novembre, 2016
Tribune libre
Patricia Lalonde


L’appétit de la France à vouloir organiser des conférences internationales est connu, certaines, comme celle sur la Libye qui a eu lieu en septembre, se sont avérées être des fiascos diplomatiques absolus. L’annonce d’une nouvelle conférence en soutien à l’opposition syrienne modérée début décembre a fait l’effet d’une douche froide pour tous ceux qui connaissent la réalité du terrain et espèrent arriver le plus tôt possible à une solution politique. Cette solution politique, en conformité avec la résolution 2254 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, votée le 15 décembre 2015, doit préserver l’unité d’une Syrie laïque respectueuse de ses minorités qui seraient associées à un gouvernement d’union nationale et préparerait les prochaines élections présidentielles. Ces négociations sont sur le point d’aboutir, les événements s’accélèrent sur le terrain militaire et la prise d’Alep semble proche. Le gouvernement syrien aidé des Russes engrange des succès, ainsi le 28 novembre les djihadistes ont perdu le contrôle de 12 quartiers d’Alep Est.

Dans ces conditions, pourquoi la France souhaite-t-elle entraver ce processus militaire et diplomatique ?

Pour protéger les civiles victimes des bombardements syriens ? Mais les civils que la diplomatie française veut protéger sont les otages des groupes djihadistes takfiristes et ils attendent et souhaitent que cette libération intervienne au plus vite.

Pour accuser le régime syrien et les Russes de crimes de guerre et porter une nouvelle résolution aux Nations Unies ? Cela risquerait d’entraver le processus en cours en Syrie et serait un signe fort donné aux djihadistes et une manière de les encourager dans leur combat.

En réalité cette conférence serait un soutien apporté aux groupes armés qualifiés « d’opposition modérée ». Ces groupes se battent dans les rangs de Daesh et de Fatah El Sham ( ex Al Nusra).

La Russie a déjà annoncé par la voix de son ministre des affaires étrangères Sergei Lavrov qu’elle n’y participerait pas. Les Etats-Unis sont embarrassés depuis l’élection de Donald Trump, les positions confuses d’Obama et la politique belliciste qu'aurait menée l'administration Clinton, affaiblit leur position diplomatique.

La France risque donc de se retrouver avec ses alliés européens, Italie, Angleterre, Allemagne, dans un face à face avec le Qatar et l’Arabie Saoudite, protecteurs des groupes djihadistes takfiristes qui sont d’une manière ou d’une autre complices des auteurs des massacres qui ont ensanglanté les rues de Paris et de Nice ces deux dernières années.

La diplomatie française a tort de s’acharner et ferait mieux d’agir afin de faire oublier les bons mots de l’ancien locataire du Quai d’Orsay, Laurent Fabius «  Al Nusra fait du bon boulot en Syrie » Trop d’entêtement pourrait se retourner contre elle.

 

 

 

 

 

 

Tags:
etat islamique, russie, syrie, djihadistes