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Il ne faut pas se tromper

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09 juillet, 2018
Note de lecture
Leslie Varenne


Le dernier livre de Loik Le Floch-Prigent, consacré à l’industrie, s’intitule « Il ne faut pas se tromper ». Pour l’ancien PDG d’Elf, de la SNCF et de Gaz de France, cette formule est devenue un leitmotiv, une manière diplomatique d’alerter et de prévenir : l’heure est grave, arrêtons les bêtises. Tout au long de cet essai, l’auteur pointe les erreurs, les incohérences, les balivernes et les frivolités en vogue dans ce domaine. L’industrie, la science, les technologies, sont des choses sérieuses, c’est l’avenir du pays et celui de nos enfants qui se joue, « il ne faut pas se tromper » ! 

Si en éternel optimiste, Loik Le Floch-Prigent pense que « la France dispose encore de bien des atouts maîtres et pourrait voir son industrie se redresser », il n’empêche, le diagnostic qu’il pose est au mieux navrant, au pire alarmant. Bien entendu, il revient dans cet ouvrage sur « l’affaire Alstom » avec la vente de sa branche Energy à l’Américain, General Electric, certainement la plus grande erreur industrielle de ce début de 21ème siècle, qui a pourtant laissé indifférente la majeure partie de la classe politique et médiatique. « On ne doit pas abandonner une technique de numéro un mondial, quel qu’en soit le prix » écrit-il et il poursuit : « - nous avons laissé faire des incompétents, le résultat est devant nos yeux. » L’auteur refuse de se résigner et propose des solutions : « Il n’est pas trop tard. Nous avons encore des moyens d’actions car General Electric n’a tenu aucune de ses promesses et il y a des possibilités de refuser que ces deux joyaux les turbines hydrauliques et les turbines nucléaires ne connaissent le triste sort des matériels de pointe cédés pour une bouchée de pain à des entreprises sans avenir » … Il en va de l’indépendance stratégique de la France. En lisant le livre, on se surprend à rêver : et s’il ne prêchait pas dans le désert ?

« Arrêtons le massacre »

Dans ce livre, Loik Le Floch-Prigent partage avec ses lecteurs ses interrogations et ses doutes, il regarde le monde avec ses lunettes d’ingénieur. Les énergies renouvelables, pourquoi pas, mais est-ce réalisable techniquement et à quel prix pour le consommateur-contribuable, puisque ces énergies sont subventionnées ? Les Allemands ont abandonné le nucléaire mais ont repris les centrales à lignite très polluantes, est-ce une bonne idée pour limiter le CO2 dans l’atmosphère ? La France a entrepris un vaste programme très couteux d’implantation d’éoliennes en mer, outre un rendement médiocre, ces monstres qui défigurent les paysages sont déjà obsolètes, les Espagnols viennent de trouver mieux. On continue ? Stop ou encore ?

« Le pays a touché le fond » mais l’auteur veut croire que « tout va être mis en œuvre pour faire repartir l’industrie » !

Il ne faut pas se tromper, publié aux éditions Elytel